Tourisme en Haute-Garonne, Verfeil, une terre d’histoires et de patrimoine

En Haute Garonne, le détour sur la commune de Verfeil semble approprié pour une visite dans ses ruelles étroites où le passé se mêle au présent. Située non loin de l'agglomération toulousaine à 20km du Nord Est, Verfeil est une commune qui recèle bien des trésors, mais ne nous y trompons pas, ce trésor est fait d’un patrimoine, de personnalités qui ont façonné son histoire à travers les âges. Une forteresse et des chevaliers…, il faut remonter vers le VIIIème siècle pour trouver les origines médiévales de Verfeil où s'éleva son château qui abrita les soldats, leurs familles, les quelques masures et l'église.   Verfeil, de la terre cathare à la terre de Protestante… Le plus célèbre des prédicateurs fut le moine Henri installé dans le bourg en 1140 et qui souleva l'admiration des humbles comme des puissants en rejetant les sacrements, vivant dans une pauvreté qui contrastait fort avec l'église romaine et formulant des sermons qui ne manquèrent pas d’inquiéter le pape Eugène II . Celui-ci lui envoya son émissaire le cardinal Albéric et un autre abbé dont la célébrité se répercutera sur toute l'Europe, saint Bernard de Clairveaux. Mais insensible à ses prédictions, les verfeillois se répandirent en quolibets et en vinrent à étouffer ses prières et mises en garde à grands renforts de vacarme. Dépité, le saint quitta Verfeil en bougonnant une malédiction : « Verfeil, cité de la verte feuille, que Dieu te dessèche ! » Et sept ans de sécheresse s’abattirent sur le bourg; l'apparition de feuilles sur un figuier sitôt la condamnation écoulée donna naissance aux armes de la ville: D'argent, au figuier de sinople posé sur une terrasse du même. Le protestantisme, cette croyance se développa dans la région au XVIème siècle. En effet une troupe de soixante religionnaires Verfeillois en mai 1562 alla renforcer les protestants toulousains qui luttaient dans cette ville. Des mesures prudentes prises par les consuls apaisèrent peu à peu les passions et le calme revint finalement dans la cité.   Verfeil, terre de laïcité à la révolution française… Un bon de plus de deux cent ans, pour arriver à la révolution et la vague antireligieuse qui n'épargna pas tout à fait Verfeil et où l'on envisagea fortement la démolition des églises. Cependant, la destruction se fit avec lenteur et réticence de sorte que l'église de Saint-Sernin-des-Rais ne fut que peu endommagée. Par contre l'église du Ramel et celle de Saint-Jean-de-Mongagne sur la route de Montpitol furent détruites. La Terreur n'oublia pas Verfeil. Dorothée Riquet de Bonrepos, épouse de Jean Louis Augustin Cambon devenu Premier Président, refusa de donner la moindre indication qui put mettre sur la trace de son mari, alors en fuite. Elle fut aussitôt arrêtée avec sa fille, puis accusée de comploter dans sa cellule, condamnée à mort et guillotinée le 8 Therminador. D'autre part, Baudrique d’Escalonne, membre du Parlement de Toulouse était lui aussi recherché, mais sa mort en janvier 1793 le fit échapper aux bourreaux. La vengeance de la Révolution se reporta alors sur son fils ainé qui périra sur l’échafaud à la place de son père, agé d'à peine 22 ans.   Verfeil, terre de refuge à la seconde Guerre Mondiale… Un bon de quelques années, pour en arriver à la seconde guerre mondiale, Verfeil s'illustra durant cette triste période dans un mouvement de courage et de solidarité. Privée de ses soldats, la ville ne tint que grâce au caractère volontaire des femmes qui par leur travail agricole, parvinrent à atténuer la dureté du ravitaillement. L'arrivée des réfugiés Français et Belges se fit en même temps que l'arrivée de nombreuses familles juives que les verfeillois cachèrent en 1942 pour les soustraire à la milice et à la Gestapo pendant que des réseaux de résistances se faisaient dans les environs et organisaient des liaisons entre l'Angleterre et l'Espagne. En 1944, fuyant les bombardements aériens, les Toulousaines se joignirent à eux et manquèrent assister à la mise à sac de Verfeil par les SS lorsqu'en aout 1944, ceux-ci soupçonnèrent une cache d'armes. L'incendie et ses tristes conséquences furent évités à l'annonce du débarquement des alliés cinq jours plus tard, et l'armée se hâta de quitter la ville et la région. Les soldats de la ville de Verfeil rentrèrent peu à peu d'Allemagne. Mais pour certains, le destin en décida hélas autrement.   Verfeuil, une dernière note d'histoire et de religion… A deux kilomètres de Verfeil, en direction de Lavaur se trouve le cimetière de Camille et Madeleine, les illustres petites filles immortalisées dans les œuvres de leur grand-mère la comtesse de Ségur et de leur famille, les Malaret. Les tombes des Malaret sont dans un enclos à part, entouré d'une grille et dominé par une croix.   Sophie Rostopchine à présent comtesse de Ségur, deviendra la fameuse romancière qui a nourri et nourrira encore notre imagination enfantine, avec pour exemple les authentiques Camille et Madeleine pour les péripéties de la turbulente Sophie et de ses amis. Et pour l’éternité, les deux sœurs dorment du sommeil éternel à Verfeil, inspiratrices à jamais des écrits qui ont façonné notre enfance et les premiers progrès en matière de pédagogie.