La clinique de l’Union, pendant la crise COVID – Entretien avec Fabrice Derbias

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C'est à l'occasion de l'Opération Sourire organisée par MEDIREST, que nous avons pu rencontrer Fabrice Derbias, Directeur Général de la Clinique de l'Union ( Groupe Ramsay Santé), et comprendre comment le quotidien des personnels de cet établissement de santé, de première ligne après le CHU de Toulouse, a pu être impacté lors de la Crise COVID. Résumé de notre entretien : 35 patients COVID ont été accueilli depuis le 20 mars, avec aujourd'hui un ralentissement de l'épidémie. Sur le territoire toulousain, le CHU a accueilli environ 50% et les autres hôpitaux et cliniques dits " de première ligne" ( c'est-à-dire disposant d'autorisation de réanimation et de services d'urgence) ont accueilli les autres 50%. La situation sans précédent à donné lieu à une réorganisation totale de la Clinique. Réorganisation de l'accueil tout d'abord, avec un poste médical avancé pour séparer les patients COVID des patients non COVID. L'Unité d'hospitalisation de courte durée a été redimensionnée par ailleurs pour séparer les patients suspects COVID et ceux non COVID, et une organisation graduée a été mise en place au sein de l'établissement. Une unité de médecine d'hospitalisation COVID a été immédiatement définie et l'unité de surveillance continue a été coupée en deux de manière a pouvoir avoir une unité de surveillance continue COVID et une unité de surveillance non COVID. Un tiers des patients sur le 35 que la Clinique a accueilli sont passé par le service de réanimation dédié. Différentes catégories de personnels ont été affectés aux patients COVID. Le personnel de surveillance continue a été formé a des gestes techniques de réanimation pour disposer de personnel suffisant puisque l'unité de réanimation a été augmentée ( passant de 8 lits à 14 lits au plus fort de l'épidémie). A côté de cela, une centaine de personnes ont été formées pour l'unité de médecine COVID, notamment sur les protections, les gestes et toute la synchronisation des actes et des temps passés dans la chambre auprès des patients COVID . La date du 11 mai va induire pour nos établissements une reprise progressive de nos activités dites " classiques" Depuis le 16 mars en effet, nous n'accueillons que les patients COVID et les patients dont tout report d'opération entraînerait une perte de chances ( principalement cancérologie et urgences ) explique Fabrice Derbias. A partir du 11 mai, l'activité programmée va reprendre de manière très progressive. On travaille donc sur un redimensionnement de nos unités, en conservant le concept d'organisation graduée. L'unité COVID de 22 lits va être reconfigurée pour être une zone de 8 lits, tout en étant en capacité de réactiver l'organisation de crise très rapidement si nécessaire. Donc a partir du 11 mai, l'établissement va refonctionner à 50% de son activité "normale" en fonction de sa fonction parallèle sur les patients COVID. Un élan de gratitude a eu lieu ces dernières semaines envers les personnels de la clinique, boulangerie, grandes surfaces qui ont livré du matériel, mais aussi, jardinerie qui ont offerts du matériel et des dispositifs de protection ( masques, visières ..), les marques d'attention ont été très nombreuses. "Aujourd'hui on a le plaisir d'accueillir le Chef Bernard Bach dans notre établissement qui est en cuisine depuis hier pour préparer un repas complet pour nos personnels et le leur servira. " précise Fabrice Derbias, dirceteur général de la Clinique.  (La même opération sera réalisée le 7 mai, à la clinique des Cèdres qui fait partie du même groupe). Le moral des soignants, quand à lui, est fluctuant. Le confinement a affecté le moral de tous les français. La situation est malgré tout très inquiétante. On a eu la chance d'avoir une Région a été relativement épargnée. Il faut aussi mettre en avant l'implication de nos soignants qui a été sans faille, les personnels nous ont accompagnés dans la réorganisation qui était pourtant impactante pour eux au quotidien. Et dans le cadres des Régions qui ont été plus touchées comme la région parisienne, après un appel à candidatures, de nombreux soignants se sont rendus à Paris pour soutenir leurs collègues très en difficultés. Entretien réalisé dans les locaux de la Clinique de l'Union, le 30 mai 2020. - TVDICI