Méthan’Aubrac transforme le fumier agricole en énergie verte – Des défis et des fonds

DESCRIPTION

La méthanisation, basée sur la production de biogaz grâce à la valorisation de déchets organiques, s’inscrit dans la transition énergétique et d’une économie décarbonée. Elle répond techniquement au défi de la production d’énergies renouvelables et de la réduction des gaz à effet de serre (GES) en optimisant la matière organique valorisée avec le retour au sol du digestat (résidus après méthanisation). De nombreux projets de production d’énergies renouvelables en Aveyron ont été impulsés par le secteur agricole, comme l’unité de méthanisation collective sans odeur portée par la SAS Méthan’Aubrac, la troisième unité mise en service dans le département. L’idée du projet a vu le jour en 2011. Courant 2012, une étude de faisabilité a été menée et mi 2013, le développement a démarré avec la création d’une Société par Actions Simplifiée (SAS) grâce à l’appui du CerFrance Aveyron. La constitution du dossier administratif a nécessité près de 3 ans avec le soutien de la Chambre d’agriculture, l’association de préfiguration du Parc Naturel Régional de l’Aubrac (demande de subventions, dossier ICPE, autorisations d’exploiter, permis de construire, montage financier…). L’enquête publique s’est déroulée en janvier 2017 et la construction s’est terminée en octobre 2017. L’installation a été aménagée sur 2 hectares dans la zone d’activité des Bessières, et est devenue opérationnelle l’été 2018 avec le remplissage du digesteur et une montée en charge jusqu’en novembre 2018 avec le démarrage de la production d’électricité revendue à EDF. Les lisiers et fumiers produits par les 29 exploitations alimentent un co-générateur d’une puissance d’un peu plus de 500 kW. Le méthaniseur a commencé à produire ses premiers mètres cubes de méthane en novembre 2018 et, depuis lors, ce gaz parfaitement naturel sert de carburant à un co-générateur qui produit de l’électricité. La co-génération permet de produire du méthane transformé en gaz ou à faire fonctionner un moteur pour fournir de l’électricité ou de la chaleur. L’unité de méthanisation peut produire par an, plus de 3,5 MWh d’électricité équivalent à la consommation de 1 800 habitants. Elle fournit une partie de l’eau chaude à 80°C dont l’abattoir voisin de Sainte-Geneviève-sur-Argence a besoin, et produit de l’électricité revendue à EDF. L’Unité gère par ailleurs le plan d’épandage. Du point de vue logistique, le transport des produits entrants puis l’épandage pour la valorisation agronomique des 30 000 tonnes de digestat (ou matières résiduelles après méthanisation, qui représentent 20% solide et 80% liquide) produites par an, sont assurés par la CUMA de Sainte-Geneviève-sur-Argence dans les parcelles des agriculteurs associés, sur sept communes de l’Aveyron et du Cantal (2 806 hectares au total). Un surplus d’activités grâce à Méthan’Aubrac qui a permis à la CUMA de créer trois emplois. Les 29 exploitations adhèrent toutes à la CUMA, dont le hangar est tout proche de l’unité de méthanisation. … grâce à un outil collectif local de bioéconomie Ce sont ainsi une quarantaine d’agriculteurs du canton de Sainte-Geneviève-sur-Argence, dans le Nord-Aveyron, représentant 29 exploitations agricoles, qui, en partenariat avec la commune, la communauté de communes et des citoyens intéressés du territoire, ont décidé de se fédérer pour construire et exploiter une unité de méthanisation collective. L’objectif était de produire de l’énergie tout en valorisant les effluents d’élevage. Située dans la zone artisanale d’Argences-en-Aubrac, au cœur du Parc Naturel Régional de l’Aubrac, l’unité a été mise en service fin 2018. Valorisant exclusivement de la biomasse d’origine agricole (fumier-lisiers), le projet, est exemplaire et reproductible sur d’autres zones de l’Aubrac. Il entre dans les priorités fixées par le Parc naturel régional de l’Aubrac qui l’a accompagné depuis son origine. En France il y a très peu d’unités de méthanisation qui traitent du fumier et du lisier. Cet outil permet de renforcer les exploitations et peut se développer ayant pour vocation à être partagé avec d’autres corps de métiers.