Act for Climate, Bâtiment et Climat, quelles solutions, comment les financer ?

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Si chacun s’est accordé à dire que des solutions techniques existent, c’est avant tout le surcoût de bâtiments exemplaires, son financement et les méthodes d’évaluation de la performance de ces bâtiments qui ont dominé le débat de la table ronde "Bâtiment et Climat" d’ Act for Climate. Entre autres sujets abordés : la performance énergétique où la réglementation, évaluant actuellement les coûts d'un bâtiment public à l'énergie consommée au m², non corrélé à son ratio temporel d'occupation peut paraître contestable quand on cherche à maximiser l’impact positif des bâtiments par une utilisation adéquate , mais aussi des notions qui pourraient paraître plus abstraites comme la prise en compte du bien-être des occupants ainsi que les impacts sur leur santé et celle de la biodiversité face à l'artificialisation des sols ainsi que la mesure du retour sur investissement de ces bonnes pratiques. Autour du sujet, sur une discussion conduite par Patrick Thaunay, dirigeant d'Autantyk et porteur de projets très impliqué sur ces questions, Sylvain Clergue à la direction des bâtiments publics de de Toulouse Métropole soulignait les difficultés posées par le décret tertiaire *(1) pour les rénovations et sans doute des méthodes d'évaluation peu adaptées et Philippe Gonçalves, président de l'Ordre des architectes de Toulouse , favorable à la rénovation avec une évaluation des coûts globaux et environnementaux plus adaptée. Philippe Guigon dirigeant de Netallia soulignait quant à lui le pragmatisme américain dans à la prise en compte plus globale d’une démarche visant au bien-être et à la santé de ceux-ci dans les coûts (et les gains de productivité) sur une démarche de Wellness avec labellisation. Emmanuelle Parache dirigeante de Biocenys, mettait en exergue la biodiversité et l'importance de l'artificialisation des sols ainsi que le coefficient de surface écoaménageable ou CBS *(2) expérimenté, en premier lieu à Berlin, et depuis peu sur Toulouse, afin de pondérer cette emprise sur les zones urbaines par une taxe alors que Sébastien de Hulster, de Wattou Bellevilles Financière Responsable, soulignait l'importance de la mise en place de dispositifs particuliers de financements sur 20 ans pour réaliser ces travaux. Pour conclure, Patrick Thaunay rappelait la difficulté à rassembler autour d’une même table des interlocuteurs aux priorités et langages souvent différents et conviait donc les divers partenaires et participants à de futures discussions pour envisager des solutions communes et concrètes. *(1)Pour Rappel, La Loi ELAN de 2018 fixe des objectifs ambitieux quant à la consommation d’énergie des bâtiments. Art.L 111-10-3-I. Des actions de réduction de la consommation d’énergie finale sont mises en œuvre dans les bâtiments ,parties de bâtiments ou ensemble de bâtiments à usage tertiaire, définis par décret en Conseil d’Etat, existants à la date de publication de la loi n°2018-1021 du 23 novembre 2018 portant sur l’évolution du logement, de l’aménagement et du numérique, afin de parvenir à une réduction de la consommation d’énergie finale pour l’ensemble des bâtiments soumis à l’obligation d’au moins 40% en 2030,50% en 2040 et 60% en 2050, par rapport à 2010 » Le décret n° 2019-771 du 23 juillet 2019 relatif aux obligations d’actions de réduction de la consommation d’énergie finale dans les bâtiments à usage tertiaire, dit « décret tertiaire », vient préciser les modalités d’application de cette obligation. Un arrêté est attendu prochainement en janvier ou février 2020 pour lever les dernières zones d’ombre quant à l’application de cette mesure. * (2) Le CBS est un coefficient qui décrit la proportion des surfaces favorables à la biodiversité (surface écoaménageable) par rapport à la surface totale d'une parcelle. Le calcul du CBS permet d'évaluer la qualité environnementale d'une parcelle, d'un ilot, d'un quartier, ou d'un plus vaste territoire.